L’expérience m’a montré que le père a une place primordiale dans la réussite d’un allaitement. Et quand je parle de réussite, j’entends un allaitement conforme à ce que vous souhaitez, pas conforme à une norme, quelle qu’elle soit.
Le père donc est l’acteur de l’ombre sans qui tout est plus compliqué.

En effet, c’est une source de soutien quotidienne. Si vous reprenez le travail et que vous souhaitez poursuivre l’allaitement, c’est à votre homme que vous aurez certainement envie de raconter vos déboires ou vos réussites le soir en rentrant du travail. Il est à la fois un soutien psychologique : quand on tire son lait au travail, on est encore hors-norme en France (il faut espérer que cela change) et cela fait du bien de pouvoir en parler à quelqu’un qui comprend votre démarche.
Il est également un soutien logistique. Les femmes qui conjuguent allaitement et travail au long cours sont en général des femmes qui ont un soutien matériel important à la maison. Les pères sont là pour s’occuper des enfants plus grands et prendre leur part de travail domestique : préparation des repas, gestion des lessives, vaisselle, etc…

Les réactions des pères face à la poursuite de l’allaitement sont diverses. Certains sont très fiers de ce que fait leur femme et sont les premiers à tenter de prouver aux amis ou collègues que l’allaitement c’est mieux. D’autres trouvent cela pratique pour la nuit : si bébé se réveille, il tète et ne réveille pas son père…qui n’a pas besoin de se lever.
Pour que cela se passe bien il est nécessaire d’avoir un bon dialogue au sein du couple pour que chacun puisse exprimer ses besoins et se sente reconnu dans son rôle. Il faut également que le père ait pu nouer une relation avec son enfant qui ne dépende pas du fait de le nourrir ou non, qu’il sache jouer avec lui, le porter, le bercer, le baigner, le changer, bref tout ce qui fait la vie d’un bébé en dehors du sein de sa mère. Ainsi, il ne se sent pas exclu de la vie de son enfant.

Cependant, certains pères vivent mal la poursuite de l’allaitement après la reprise du travail. Le regard des autres est parfois difficile à porter et si le père n’est pas lui-même convaincu des bienfaits de l’allaitement, il peut prendre la démarche de sa femme pour de l’acharnement. Il peut également vivre un sentiment d’exclusion : tant que mon enfant est allaité, je n’ai pas de place auprès de lui. C’est alors très difficile pour les deux membres du couple : pour la mère qui veut faire le meilleur pour son enfant et ne se sent ni soutenue, ni comprise ; pour le père qui a l’impression d’être quantité négligeable.

L’allaitement est certes une décision de la mère mais cet allaitement ne se passera bien que si le père est soutenant ou au minimum pas opposé à cet allaitement. Encore une fois, tout est affaire de dialogue au sein du couple.

Et chez vous, comment le père a-t-il vécu l’allaitement de son enfant ?

source : a tire d'ailes